R.P. de Chivré

La Vierge Marie

      "Il n’y a rien de plus difficile que de parler de la Sainte Vierge", disait parfois le Père de Chivré. Cela est assez vrai, tous les prédicateurs le diront. Et pourtant, le Père n’a cessé d’en parler ! Elle était trop présente dans sa vie pour qu’il omette de la nommer ou de se tourner vers Elle dans ses homélies ou ses conférences.
     
      C’est à Elle que sa mère l’avait confié enfant : "Que toujours et partout la sainte Vierge protège mon Michel" Vicomtesse de Chivré. Gonneville, 12 février 1911, trouvons-nous écrit de la main maternelle au dos d’une image représentant la Vierge Marie confiant le rosaire à St Dominique ! Tout est dit déjà, et toute la vie du Père est déjà annoncée !
     
      Dans ses notes personnelles, nous trouvons encore quelques lignes griffonnées par le Père au hasard d’autres notes, quelques dates dont lui seul aurait pu nous donner le sens véritable :
      " Ma maladie à 7 ans ND du PPS
      à 30 ans ND de Lourdes
      à 56 ans ND de Chartres
      1942 – le Christ ressuscité te donne sa Mère."
     
      Et c’est encore Elle qui viendra le réconforter dans ses derniers moments avant de venir le chercher au soir du 14 juillet 1984.
     
      Le Père a toujours voulu n’être qu’un tout petit enfant devant cette Maman si belle, qu’il aimait tellement et en qui il avait une confiance totale. C’est pour cela peut-être qu’il éprouvait un peu de difficulté pour en parler, comme un enfant qui ne sait comment bien parler de sa maman qu’il aime. Il l’aime…un point c’est tout ! Aimer sa mère, cela suffit à un enfant, sans qu’il soit nécessaire d’expliquer les raisons de cet amour.
     
      Oui, le Père aimait tendrement la Vierge Marie.
     
      C’est d’Elle qu’il a voulu apprendre les grands secrets d’une vie chrétienne, religieuse, sacerdotale, car c’est d’Elle qu’il avait appris le grand secret : JESUS ! S’il a si bien connu, aimé, et si bien servi Jésus… s’il a su faire connaître et aimer Jésus, c’est parce qu’il est demeuré toute sa vie le petit enfant de la Vierge. Tout ce qu’il nous dit, c’est Elle qui le lui avait dit, afin qu’il en vive et qu’il nous le redise.
     
      De même que la Croix est le grand livre dans lequel se lit l’amour de Jésus pour son Père et pour les hommes, Marie a été, d’une certaine façon, le grand livre dans lequel il a appris à lire l’amour de Jésus, l’amour de Jésus pour les hommes et l’amour qui monte d’un cœur humain vers le Cœur de Jésus. C’est dans le Cœur de Marie que son cœur a découvert les secrets de la sagesse divine, les secrets de l’amour, les secrets du Verbe qui produit l’amour "Verbum spirans amorem".
     
      C’est encore à la Vierge Marie qu’il a toujours confié ses soucis, ses peines, ses épreuves et ses labeurs…C’est à Elle qu’il confiait les âmes qui venaient à lui, et qu’il posait les questions auxquelles il lui fallait répondre.
     
      C’est de la Vierge Marie qu’il a reçu la "Bonne Réponse", qui suffit à tout : JÉSUS !
     
      C’est pourquoi, pour célébrer le 25e anniversaire de son départ, nous avons cherché dans les textes du Père tout ce qui pouvait se rapporter à Elle. Il y a des textes d’homélies entièrement rédigées, dont la première date de 1933, trois années après son ordination. D’autres textes sont plus succincts, plus ou moins développés, et le dernier date de 1980. Il y a des répétitions parfois ; nous avons hésité, mais nous avons choisi de les conserver car le contexte diffère et leur donne une sonorité différente.
     
      Tous ces textes chantent !
     
      Chacun d’eux, avec parfois les mêmes paroles, a une mélodie particulière et unique.
     
      On dit parfois que les textes du Père sont difficiles à lire et à comprendre, et cela peut être vrai. Mais c’est parce que ces textes chantent… ils chantent ce qui ne peut pas se dire, ce qui se dit difficilement ; ils chantent ce qu’aucun mot ne peut dire totalement, ils chantent la foi et l’amour ! Ils chantent le désir et la confiance ! Ils chantent l’espérance, surtout !
      Ils chantent ce qui vit dans le cœur et ne peut pas monter de l’âme aux lèvres sans perdre de sa saveur profonde !
     
      Ces textes ne sont pas à lire : ils sont à entendre, à écouter, à prier…pour entendre parler le Père et entendre chanter son âme, pour chanter et prier avec lui.
     
      Ces textes sont prières.
     
      Ils sont le chant d’une âme d’enfant à sa douce Maman !
     
      Ils sont un AVE toujours répété,
      un AVE qui ne cesse de monter vers ELLE… MARIE,
      pour qu’Elle les fasse monter vers LUI… JÉSUS.
     
                        Abbé Michel Simoulin

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