Carnet spirituel n° 48

La personnalité (1ère partie) - mars 2016

      Éditorial
      Certaines réflexions du Père dans ces conférences pourront sembler un peu démodées, car il met en scène le communisme qui était le mal le plus dangereux à l’époque où elles ont été données. A Rome, c’était le bienheureux temps de Pie XII, et Vatican II n’avait pas encore répandu ses erreurs. Mais les principes demeurent, et si nous remplaçons « communisme » par socialisme, libéralisme, démocratisme, laïcisme… ou même oecuménisme ou autre, tout sonne juste et vrai.
     
      « Certains ramènent le Catholicisme à une mission uniquement sociale alors qu’il a d’abord une mission rédemptrice de la personne humaine, souhaitant cette rédemption dans un fonctionnement social aussi parfait que possible, mais ne perdant pas de vue que la Rédemp­tion nous interdit de nous installer sur terre sans tenir compte que nous n’avons pas ici-bas de demeure permanente. »
      Cela n’affecte-t-il pas nombre de clercs et de fidèles depuis le Concile des droits de l’homme ?
     
      « Aimons-nous encore quelque chose, assez fortement pour être capable de décision personnelle, pratique, effective, favorable à l’Église et à la France ; la vraie, celle dont personne ne parle plus, puisque très peu la connaissent encore. »
      Cela ne peut-il s’appliquer à nos évêques gavés d’œcuménisme et pourris de tendresse pour tout ce qui menace notre héritage spirituel et charnel ?
     
      Quant à ceux qui n’ont d’autre ambition que d’avoir ce qu’ils n’ont pas, sans se soucier d’être, et d’améliorer cet être en le confiant à l’Être de Dieu, source de tout être, qu’ils méditent ces belles pensées :
      « J’ai vécu, j’ai combattu, j’ai observé, et je me suis tu.
      Je sais maintenant où trouver les personnages et les personnes.
      J’ai vu des légions de faibles galoper vers les postes, cueillir les palmes, insister pour avoir et ne pas se soucier un seul instant d’être.
      J’ai compris, alors, pourquoi le souci de Dieu a disparu des hommes.
      Dieu Seul est, Il n’a rien, Il est le grand pauvre, incapable d’avoir puisqu’Il est tout. Cette pauvreté est sa fortune, la fortune de l’être qui n’a besoin de rien. Il n’établit les contacts qu’avec ceux qui sont préoccupés d’être et qui ne se soucient pas d’avoir, alors Il n’y résiste pas.
      Lorsqu’un homme prend conscience de sa vacuité au point d’en hurler en son cœur : « Comme je voudrais être ! », et non plus : « Je voudrais avoir cela », Dieu n’y résiste pas.
      Ce cri est la première prière de l’homme, et Dieu s’engouffre dans cette vacuité avec une fortune de désirs et d’appels qui sont la première forme du devenir en cet homme. »

     
      Il faut choisir : avoir une personnalité, c’est-à-dire, du caractère, du tempérament… ou être une personnalité, être devenu une personne vraie, capable d’aimer, de donner sans rien demander et en recevant tout de la Personne de Jésus-Christ.
     
      « Le visage de quelqu’un n’est jamais autant visage et autant quelqu’un que lorsqu’il est éclairé par le dedans des reflets du visage même de Dieu. »
     
     
      Abbé Michel Simoulin

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