Carnet spirituel n° 22

L'héroïsme - septembre 2009

      Éditorial
     
      Nous avons tous eu, et ce depuis notre plus tendre enfance, des héros auxquels nous nous sommes identifiés. L'Histoire de France n'en manque pas : Vercingétorix, Clovis, Ste Geneviève, Roland, Bayard, Du Guesclin, Ste Jeanne d'Arc, St Vincent de Paul, d'Artagnan, Bonaparte, Ste Thérèse, Foch… La lecture de leurs exploits nous enchantent, nous font rêver, nous rendent nostalgiques d'un passé glorieux qui semble rendre bien terne le présent. Certains sont à l'origine de vocations religieuses, d'autres à l'origine de vocations militaires ou au service de son prochain. Tous ont en commun d'avoir consciemment ou inconsciemment consenti à une alliance entre Dieu et leur nature humaine, telle est l'étymologie du mot "héroïsme".
      A côté de ces êtres à l'héroïsme bien visible, reconnu par tous, il y a la multitude de ceux qui vivent de manière héroïque à l'insu de tous, même de ceux qui affirment les bien connaître, et parfois même de ceux qui vivent au quotidien à leurs côtés. Ce sont ces parents qui, jour après jour, avec patience, abnégation et confiance, subviennent aux besoins matériels et spirituels de leurs enfants, malgré les inévitables et innombrables difficultés tant morales que financières, malgré les embûches et les tentations du monde qui pourraient venir détruire en un clin d'œil le fruit d'une saine éducation. Ce sont ces chrétiens assassinés, à notre époque dite civilisée, parce qu'ils restent fidèles à Jésus-Christ. Ce sont ces prêtres fidèles à l'Église et à son enseignement de toujours qui, avec un désintéressement total, avec pour seules armes l’Évangile, la sainte Eucharistie et les sacrements, annoncent le royaume de Dieu dans la tourmente d'un monde qui a décidé de rejeter Dieu, d'avancer et de sauver. Ce sont ces religieux et ces religieuses qui se sont immolés dans le silence d'un couvent ou d'un monastère, ou qui se sont dévoués, de la manière la plus absolue, au service des autres. Ce sont ces malades qui souffrent en silence, offrant à Dieu leurs misères et leurs douleurs, en rémission de leurs péchés et de ceux de leurs prochains. Ce sont, encore, ces jeunes qui n'hésitent pas à venir en aide aux plus défavorisés… Et ce sont aussi ces chrétiens qui vivent fidèlement de la vraie Foi malgré les haines et les quolibets de toutes sortes. La liste est sans fin… Tous ont en commun l'amour de Dieu.
      Le Père de Chivré, dans les textes du présent carnet, veut indiquer à chacun de nous les voies à emprunter pour devenir des héros de l'amour, car écrit-il : "Au ciel il n'y a que les héros de l'amour ou alors on ne va pas au ciel et le purgatoire se charge de les forger d'autorité si la vie terrestre ne s'y est pas librement prêtée." Il veut nous réveiller de notre torpeur, de ce sentiment de sécurité qui fait que nous n'avons plus les énergies nécessaires et vitales pour affronter les dangers qui menacent en permanence notre âme, qui nous font remettre à plus tard les bons combats, et qui nous entraînent vers de faux héroïsmes ou sur les chemins de la lâcheté. Si nous voulons devenir ces héros et ces saints que Dieu attend, il nous faut être plus fort que les tentations induites par nos prédispositions naturelles affaiblies par les privations morales dues au péché originel. Il nous faut nous armer pour leur résister, c'est-à-dire nous dépouiller de tout ce qui est inutile, de tout ce qui est obstacle, de tout ce qui gâte : " Si ta main te scandalise, coupe-la." Notre devoir d'état, à nous chrétiens, est de travailler, dans le silence indispensable à la coopération de toutes nos énergies, à devenir héroïques, à notre place, dans notre milieu, sans rechercher ni honneur ni bénéfice.
      Alors, que cette lecture de ces quelques pages, avec l'aide de Notre Dame, nous encourage et nous aide à devenir les héros de Jésus-Christ !      
                  Abbé Michel Simoulin

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