Carnet spirituel n° 16

SOS - Sauvez nos âmes - mars 2008

      Éditorial
     
      Il est un « chez soi » qui est ténèbres, prison et tombeau, et il est un « chez soi » qui est lumière, ouverture à Dieu et aux autres.
      Le premier est ce « chez soi » dont Ernest Hello dit qu’il est la parodie de la patrie, la demeure isolée et noire de l’égoïsme, alors que :
      « La patrie est la demeure éclairée de l’homme lumineux.
      Le chez soi dont je parle est le souterrain de l’homme qui fuit le jour.
      La patrie est une forme de communion ;
      Le chez soi est la fermeture et l’arrêt de la communion.
      La patrie est une puissance qui, loin de vous isoler, vous met en relation avec les autres puissances.
      Le chez soi est une borne qui vous parque dans votre néant. »
      C’est là toute la différence qu’il indique, et qui existe, entre l’isolement et la solitude.
      Le Père nous parlera ici de l’autre « chez soi ».
      Il nous invitera même à demeurer « chez soi », à ne pas nous laisser attirer hors de « chez soi ». Mais ce « chez soi » où il veut que nous demeurions n’est pas celui de l’isolement, du repli sur soi, de l’égoïsme. C’est celui de la solitude avec celui qui a fait en nous sa demeure, celui qui vit en nous. C’est le « chez soi » de notre âme devenue temple de Dieu ; c’est, en fait, le « chez Dieu » où nous ne sommes jamais isolés des autres, parce que nous sommes seuls avec Dieu, lequel nous met en communion avec tous ceux qu’il aime et qu’il veut nous faire aimer.
      « Écoutez ce mot : la communion des saints.
      Les saints communient ensemble ; leur union est formée sur le type de l’union, sur le modèle de la Trinité divine, et pourtant le mot saint se dit en grec agios, séparé de la terre. Ce sont donc les séparés qui vivent par excellence en communion. L’assemblée des fidèles est l’assemblée des hommes séparés, et ceux-là seuls sont des hommes unis. Ils sont séparés de l’élément qui sépare et unis pour toujours au principe qui rassemble. »
      Ce lieu où nous devons aimer vivre, c’est cette âme rénovée par Jésus-Christ, purifiée et sanctifiée par sa grâce pour être la demeure de Dieu et notre vraie demeure ; c’est le lieu de la lumière, de la paix, de la joie, de notre vie véritable ; c’est le lieu où Dieu nous parle et où nous l’écoutons nous dire ce que nul autre que lui a le droit de nous dire :
      Bienheureux toi qui es pauvre, toi qui pleures, toi que personne ne comprend, que personne ne sait aimer… bienheureux toi qui n’écoutes pas le monde ni la chair, et leurs promesses de bonheurs qui ne sont que plaisirs… bienheureux toi qui as le cœur assez pur pour ne vouloir écouter que moi… bienheureux es-tu toi qui écoutes mon Fils Bien-Aimé et ne fais confiance à nul autre qu’à Lui : un jour, demain peut-être, il te conduira à contempler ma face et à entrer dans ma joie.      
                  Abbé Michel Simoulin

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