Carnet spirituel n° 11

La Foi - décembre 2006

      Éditorial
     
      Nous inaugurons avec ce carnet n°11 une nouvelle série de textes, dont certains avaient déjà été publiés autrefois en petits livrets dactylographiés. Il y a tellement de thèmes à aborder, et largement traités par le Père de Chivré, que nous ne savons toujours par où commencer.
      Nous avons déjà traités le thème du mariage, de la famille et de l’éducation, dont certains textes étaient inédits.
      Nous avons ensuite exhumé des prédications inédites sur l’Évangile et sur Notre-Seigneur Jésus-Christ, et nous y reviendrons sans doute.
      Et nous commençons aujourd’hui la publication ou republication de textes sur la foi et sur la vie chrétienne, qui ne font que traduire l’Évangile pour des applications pratiques dans notre vie quotidienne. Cela nous entraînera sans doute très loin et pendant un certain temps mais n’est-ce pas nécessaire ?
      L’admirable dans les prédications, sermons, conférences du Père tient précisément dans cette alliance du spirituel et du temporel. Le Père n’est pas un rêveur qui nous entraîne des les hauteurs sublimes de la contemplation sans nous ramener sans cesse les pieds et le cœur bien sur terre, ainsi que Ernest Hello le décrit admirablement en parlant de Rusbroek :
      « Les majestés aériennes de ces contemplations embrasées sont plus fécondes que les entrailles de la terre, plus douces que la respiration d’un enfant endormi. Un caractère spécial à la splendeur chrétienne et catholique, c’est que la pratique la suit, comme l’ombre suit le corps. En dehors de la vérité, les ascensions éloignent celui qui monte de ceux qui demeurent dans la plaine. Mais les ascensions des grands contemplateurs orthodoxes les font plus tendres pour le petit, plus tendres pour le pauvre, plus intelligent de ses besoins. Ceux-là ne vont pas au pays de la gloire sans rencontrer l’amour au cœur de la contemplation.
      Plus le nuage est noir, plus le regard est profond ; plus la contemplation est haute, plus le mystère est inscrutable, plus le regard du contemplateur est profond pour saisir dans leur abîme les misères humaines, miséricordieux pour inviter, doux pour plaindre, ardent pour aimer, tendre pour secourir. L’attendrissement grandit avec la hauteur et quand le contemplateur ne peut plus dire ce qu’il voit, parce que la parole manque, son enseignement est plus profond ce jour-là qu’à l’ordinaire. L’auditeur sent que ce n’est pas son objet qui a fait défaut à la parole, mais la parole qui a fait défaut à son objet, et le silence du contemplateur devient l’ombre substantielle des choses qu’il ne dit pas… le faux grand homme est sans pitié…La hauteur adoucit l’âme, la magnificence l’apaise, la contemplation est attendrissante. »
      J’avoue que je ne peux jamais relire ces lignes si belles sans voir paraître devant moi le Père, comme si c’était de lui que parlait Hello, comme s’il évoquait pour nous cette si belle figure qui savait ne jamais nous parler sans aller puiser sa parole dans le silence du Verbe éternel.
      J’espère que ceux qui n’ont pas eu la grâce de le connaître reconnaissent aussi dans ces textes cette simplicité qui sait incarner dans une parole ou dans une formule, malheureusement figée par l’écrit, une vérité venue d’en-haut au profit des réalités d’en-bas, pour nous autres, pauvres humains collés à la terre.
      Bonne lecture, sainte méditation et, si la fête n’est pas encore passée, douce fête de la Nativité sous le regard de notre Bonne Mère du ciel.      
                  Abbé Michel Simoulin

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